Les années d'enfance de l'artiste
Mustapha Adane
fin des années 30
(de la basse Casbah
aux hauts plateaux de Tablât)
[… ] Juste
avant la deuxième guerre mondiale, nous habitions au numéro 2 de l’impasse de
l’Intendance de la basse Casbah. Cette
impasse d’une dizaine de mètres, étroite, faisait un coude à 90 degrés juste
avant les maisons où habitaient Alilou ed-Drabki et Sid Ali Kouitet, au numéro
9 ; la porte des Kouiret fermait l’impasse. On ne pouvait pas aller plus loin. Pour aller
vers Ketchaoua, à quelques centaines de mètres de là, il fallait remonter
l’impasse et contourner la caserne des sénégalais, devenue caserne des pompiers
après l’indépendance...
Au moment où
mon père avait acheté la maison de la Casbah il y avait déjà des locataires qui
y habitaient. J’ai donc vécu mon enfance avec « el djirân » qui
n’étaient pas des voisins, mais des habitants de plein droit qui avaient le
même statut d’habitants que nous et payaient une somme très modique,
aujourd’hui risible, pour leur loyer…
Quand mon père
ramenait de la pêcherie des cassiers de crevettes, il disait à ma mère : garde
un kilo et distribue le reste entre les voisins. De même Kebch el Aïd
était partagé entre tous. Les gens de la Casbah partageaient non seulement le
même espace mais ils partageaient la joie et la douleur… Tout- se faisait
normalement à la Casbah ; il n’y avait pas d’excès parce que l’excès
fatigue les gens et transforme leur nature …
Dans la cour du
rez de chaussée, il y avait un puits et un grand réservoir d’eau potable en
pierre d’une seule pièce qu’on appelait El Kast ; c’était la
réserve d’eau pour tous les locataires, nous compris. Cela sans compter El biskri,
le porteur d’eau, qui en ramenait régulièrement sur son âne ou son mulet
pour renouveler celle du kast toujours recouvert d’un couvercle de bois…
Fin des années 30 : la
mère de Mustapha Adane avec des enfants des voisins
sur la terrasse de la maison paternelle à la Casbah
Curieusement
c’étaient les femmes qui restauraient presque toutes les habitations, ce que
beaucoup d’architectes ne savent pas….
Ma mère était moulat
eddar, « la maitresse de la maison » dont nous avons encore le
plan.
Par expérience,
les femmes des propriétaires, algéroises donc, restauraient tout ce qui était
fissures dans leur maison ! Et cela sans jamais utiliser de ciment, se servant
juste de sable jaune et de tuf pour digérer la chaux qui venait de nos
montagnes ; el djîr… Cette chaux était également ramenée à dos
d’âne par El biskri… A tout cela
les femmes ajoutaient beaucoup de sel...
Elles
creusaient d’abord la fissure dans le pisé du mur, mettaient des bouts de bois
puis remplissaient et égalisaient la surface avec le mélange sable-tuf- chaux.
Une technique qui remontait au moins au 12 -ème siècle. Des murs qui avaient
été ainsi rénové sans relâche contrecarrant avec efficacité les intempéries,
les séismes et autres bombardements subis au fil des générations de la part de
flottes de guerre ennemies…
Pour des
travaux plus importants de boiserie on faisait appel au menuisier du
quartier ; pour le puits au puisatier, et ainsi de suite. Tous les travaux
se faisaient entre gens de la Casbah...
Un des motifs célèbres du zélidj
des maisons à la Casbah.
C’est un carreau épais
d’argile pétrie à la main à laquelle on a ajouté de la brique pilée
et tamisée avant de
l’émailler et la cuire une seconde fois au charbon de bois.
Age : plus de trois
siècles.
Photo Abd. Djelfaoui
Parmi les
attitudes qui m’étonnaient enfant chez ma mère, c’est qu’au moment d’aller
faire sa prière elle annonçait de façon ferme : « ‘ândî
ch’oul ! », voulant nettement dire : je suis occupée, que
personne ne me dérange ….
Je me rappelle aussi par ailleurs qu’elle adorait la voix
d’Abdelkrim Dali ; parce qu’il avait une voix très mélodieuse, pas grave
mais assez aigue ; ce qui pour les femmes était une belle écoute. Il
chantait des poèmes des années 1920, 30 et 40. Sur la rue de la Lyre il y avait
beaucoup de magasins d’indigènes qui vendaient ce type de disques qui étaient
lourds… Les juifs aimaient eux aussi à écouter Dali ; ils n’aimaient pas
ses proverbes mais ils goutaient la mélodie … Ma mère tenait cette passion de
la musique de sa propre mère dont la colonisation avait séquestré les bonnes
terres de son mari à Birkhadem pour renvoyer au loin une grande partie de la
famille sur le piémont de l’Atlas à Larba, puis Tablat…
Ma mère écoutait Abdelkrim Dali avec un gramophone qui était un vrai meuble ! Elle le faisait après avoir fait son ménage. Elle mettait son grand disque, remontait la manivelle du gramophone et dans un silence total se mettait à écouter. C’était extraordinaire ! Elle était complétement dedans ! A ce moment-là il ne fallait pas discuter avec elle …
Je me
rappelle, j’avais 5 ans, et je regardais avec étonnement le chien photographié
sur le papier au centre du disque qui tournait, tournait… Le chien écoutait le
disque : « La voix de son maitre » !
Ça marque ! C’était l’époque où ma mère me taillait et
cousait toutes mes chemises et pantalons. Il n’y avait que mes souliers vernis
que mon père achetait dehors. Des souliers chics à bouts lustrés qui faisait
dire à Sid Ali Kouiret que j’étais un fils de bourgeois ! [Après
l'indépendance, Sid Ali Kouiret intègre le Théâtre national algérien et
participe à « Les enfants de la Casbah » d'Abdelhalim Raïs.]
Alilou des dizaines d’années
plus tard avec El Hadj M’hamed El Anaka,
sur le plateau télé de
l’Algérie indépendante
Autrement à
cinq ans c’était le train-train de tous les jours : l’école, sinon les
injonctions de ma mère : « va chercher les affaires de ton père au
magasin », ou « va pour telle course avec le domestique »,
l’apprenti, etc. Et de temps en temps une virée à la mer ; la mer presque
partout autour de nous…
Le quartier de la Marine
|
en destruction en 1940. |
| Croquis de Paul Guillon |
Malheureusement Le quartier de la
Marine en contrebas de la place du gouvernement a commencé à être détruit à
partir de 1940 et quasiment anéanti en 1958 en pleine guerre. Le commerce de mon père a volé en
éclats : son café, son restaurant et son salon de coiffure pour hommes,
toutes activités traditionnelles en face de la grande mosquée, djamaa el kbir…
Toute la basse Casbah a été systématiquement démolie par les français d’abord,
par les algériens ensuite.[1]
De Charles Quint à Rmilet La’oued…
Pour visualiser
un peu le tissu urbain qui environnait le quartier de la Marine de l’époque il
faut savoir qu’au dos de l’actuel édifice de la DGSN (en face du lycée Emir
Abdelkader), appelé Ka’Essour il y avait le début d’un tunnel souterrain qui
passait sous le marché Nelson et le cinéma Le Majestic pour aboutir près de la
petite plage de Rmilet le’ouad… Le train sortait de là en venant de la gare
d’Alger pour aller vers Cherchell et le tram, lui, passait au-dessus à ciel
ouvert…
A côté du
Bastion 23, il y avait ce qu’on appelait depuis l’ancien temps Bordj ezoubia.
Il y avait eu à cet endroit deux forts. Le plan en avait été dressé en 1830 et
je l’ai inséré dans ma publication « Aouchem 2 » de mai 2012 … Le second
c’était Bordj Setti Taklith, Le Fort de la négresse là où se trouve
actuellement la DGSN.
La mosquée qui est sur le chemin de Bab El Oued, en bas de la Casbah, la mosquée Betchine, était en dehors des murailles. C’est d’ailleurs par-là que Charles Quint voulait que son armée pénètre Alger.[2] Bordj Taffourah faisant obstacle à la progression de ses armées sur Alger, l’Empereur de l’Europe chrétienne avait décidé de contourner les murailles de la ville, ses fortifications, pour passer par le vallon de Fontaine fraiche. Après une nuit passée au Bordj Boulila, (qu’on appelle Fort l’Empereur), il comptait forcer la ville par la porte de Bab El oued. Mais cela n’a pas réussi à cause dit-on d’une tempête dans la baie d’Alger qui aurait fait couler la moitié de ses navires ; je crois plutôt que son échec est dû à la résistance vigoureuse d’Alger qui n’en était pas à sa première expérience de rejet d’attaques et de bombardements étrangers.…
Au bas de la
Casbah après Ka’ Essour et le marché Nelson, Remilat La’ouad était une plage de
Bab El Oued réservée aux musulmans ; il leur arrivait même de camper là… C’était
en dehors de Bab El Oued où vivaient les espagnols ; loin d’eux … Les gens
l’appellent encore aujourd’hui Remilet La’oued ; mais savent-ils pourquoi
on l’appelait comme ça au 19 -ème siècle ? En fait c’est parce qu’il y
avait la caserne des militaires d’où, vers 1870, on sortait les chevaux de la
cavalerie pour les faire tourner sur la plage. Cette cavalerie qui était chargée
de surveiller et réprimer les tribus indigènes… Alors on entrainait les chevaux
à marcher et à galoper sur le sable et les galets et même sur les vagues… Bien
sûr quand la voiture et l’auto-mitrailleuse sont apparues, le cheval de
cavalerie a disparu ! Mais le nom est resté…
S’il y avait de
grandes difficultés et des drames dans les familles du quartier, je n’ai pas
connu ce type de drame avec mes parents… J’étais un enfant difficile à gérer,
mais j’adorais mes parents, j’écoutais mon père. Sauf quand je lui piquais de
l’argent dans sa bed’iya, un gilet traditionnel brodé, avec une pochette
basse de chaque côté où il mettait sa monnaie, beaucoup de monnaie… Quand il
s’habillait le jour il mettait ce gilet boutonné au-dessus de son seroual
loubia avec, sur la tête, chechiet stamboul…
Gamin je ne lui demandais pas d’argent, j’allais en cachette
vers où il rangeait son vêtement. Comme j’étais de petite taille et que son
vêtement était suspendu haut, je me contorsionnais jusqu’à ce que j’arrive à
soutirer deux pièces … Ensuite j’allais
m’acheter du chocolat chez ‘ami Ali sur la placette de l’intendance
qui était la placette de la caserne des sénégalais ; c’étaient des
musulmans parqués-là qui ne mangeaient que du riz… La caserne est restée avec
ses soldats d’Afrique noire jusqu’à l’indépendance ; pour les français il
s’agissait de se prémunir contre toute émeute dans la Casbah ! … Cette placette
je la vois encore si nettement aujourd’hui que je pourrais la dessiner d’un
seul trait de mémoire…
J’adorais le chocolat ! ‘Ami Ali ne vendait que du chocolat et du beurre. Me voyant venir il me disait : alors, chikoula, hein ! Un brave homme de la Casbah ‘ami Ali avec sa bed’iya noire (gilet). Je ne disais rien, il me tendait ma barre de chocolat (le chocolat était en barre, pas en tablette) et je donnais les sous. Sans plus. Puis je retournais vite à la m
aison. Pendant que ma mère préparait le lait, dans ma chambre je grattais la barre de chocolat avec un couteau pour en faire de la poudre. Je la mettais ensuite dans mon lait…
En évoquant ‘Ami Ali, je me rappelle d’une fête populaire !
Certainement le Mouloud que l’on préparait toute une semaine à l’avance avec
chez ‘Ami Ali des friandises, mais aussi des tas de bougies, de pétards et des nouwalâtes….
Le jour de la fête une extraordinaire procession se faisait
au pas de course ! Un homme habillé en vieille femme courait, et nous les
gosses, tous les gosses, ados, jeunes hommes nous criions derrière lui à
tue-tête : « yemma khebira ouine raiha ; yemma R’biha ouine
kounti ! yemma R’biha ouine kounti ! ect ». Une vielle
tradition où tout le monde répétait la même phrase en courant derrière l’homme -
vieille femme qui fuyait en avant.
C’était une ambiance bizarre… Au Point qu’aujourd’hui tout
ce passé très lointain me donne l’impression que je n’ai été qu’un fantôme et
que ce monde n’a pas existé… Comme si ce n’était pas moi, alors que je suis la
même personne … Au point qu’avec certains journalistes voulant que je leur
parle de ma vie d’enfance à la Casbah, je n’arrivais pas à m’exprimer, à
retrouver les moments, à faire le lien entre les choses… La mémoire saute sans
logique d’un point à une autre, comme si tout devenait incertain…
Dessin souvenir réalisé plus de 85 ans plus tard par
Mustapha Adane sur l’animation des ruelles de la Casbah d’Alger dans les années
30 du 20eme siècle
De la cathédrale aux
hautes prairies de Tablat…
Je côtoyais à
l’école communale Allilou, Sid Ali Kouiret et beaucoup d’autres enfants… La petite école se situait derrière
Ketchaoua qui était encore une cathédrale, et nous les gosses pour affoler le
curé on fonçait carrément à travers la grande porte et traversions l’imposant
édifice plongé dans le silence pour sortir au pas de course par la porte du
fond qui donnait sur la rue du Soudan, la ruelle de l’école ! Cette petite
rue existe encore où, juste à l’entrée des cornettes, les sœurs blanches, il y
avait une école pour les seuls musulmans ; pas même les juifs.
Ketchaoua en cathédrale en 1930
Mais arrivé devant Ketchaoua j’aimais d’abord m’arrêter un moment pour observer la rue de la lyre ; j’adorais scruter sa perspective, sa lumière, sa rumeur commerçante, ses hauts bâtiments, ses calèches tirées par des chevaux, ses arcades avec ses marchands de tissus, de blé, pour la plupart des juifs mais aussi des algériens…
A l’école
réservée aux seuls garçons musulmans, l’instituteur (Abouker, un juif brunâtre,
joufflu, habillé carrément à l’européenne avec cravate…) nous avait demandé un
jour de faire un dessin. C’était ma première année… Alors j’ai dessiné ce que
j’aime et qui était de mon secteur, c’est-à-dire la rue de la lyre ; et
comme un impressionniste je mets des taches pour représenter ce que je
vois…Très content d’avoir fait une belle chose, je tends le dessin à
Abouker… Mais l’’instit me dit : … Qu’est-ce
que c’est que cette merde ! « Aya rouh terkôd ! » Va
dormir ! Va au coin !..
A partir de là
j’ai haï Abouker et son école ! J’ai été très peiné et je me suis
longtemps demandé pourquoi il m’avait réprimandé de manière si violente. Pas
d’autre réponse à mon avis que cet instit ne s’attendait pas qu’un petit arabe comme
moi ait la prétention de peindre la rue de la Lyre !..
Tout comme j’ai
été dégouté de l’école coranique également, où je ne suis pas resté
longtemps ; notamment à la mosquée de Sidi Garidi. Mon père avait insisté
pour que j’apprenne le Coran et l’arabe. Il n’y avait pas de tableau mais au
dernier rang d’une dizaine de gosses j’ai reçu un coup de roseau mémorable sur
la tête ! J’ai quand même appris à patiner finement ma louha avec de la
terre blanche, à la mettre au soleil pour qu’elle sèche, à bien tailler mon calame
et triturer mon encre pour avoir une belle écriture, très bons
rudiments en fait pour, plus tard, commencer l’apprentissage de la sculpture et
de la calligraphie…
Et la guerre
mondiale a fait fondre en 42 ses bombardements allemands sur Alger… J’avais
neuf ans et comme les autres gosses de mon âge, j’avais ma boite pour aller
cirer les chaussures sinon vendre les journaux à la criée pour gagner quelques
sous… Dès qu’on entendait les sirènes
d’alerte, les familles couraient se cacher dans les tunnels… Aux bruits des
vrilles d’avions et des explosions, nous les gosses de la Casbah et de la
Marine nous nous précipitions sur les rambardes du boulevard face à l’Amirauté pour
hurler à plaisir : « Hahou dja el Hadj ! Hahou dja el Hadj, il
va nous libérer !». El Hadj ce puissant allemand que nous n’avions
jamais vu mais dont nous avions entendu nos parents, surtout mon père, affirmer
discrètement qu’il était l’ennemi juré des colonialistes français... El Hadj
aussi parce que pour nous algériens l’administration de la Mecque avait été
sous l’autorité des ottomans et qu’à propos de la trahison des tribus des Saoud
qui avaient usurpés violemment le pouvoir avec l’aide des Anglais, j’entendais
mon père dire « ma ‘andhoum lâ dîn lâ mella ! » :
« gens sans religion ni origine honorable ! » … Nous
tapions frénétiquement des mains, contents que l’aviation allemande lâche ses
bombes sur les navires alliés dans la baie d’Alger comme sur Oran-Mers El
Kébir, villes phares d’un système colonial plus féroce encore sous Pétain que
nous haïssions...
Mon père et
quelques autres commerçants se rencontraient d’ailleurs au café Tlemçani
(« Kahouet tlemçani ») où ils recevaient beaucoup d’algériens
qu’ils aidaient en leur payant le billet du bateau pour la Mecque qui se
faisait sans passeport ni visa… La Mecque demeurait une destination
sacrée qui s’imposait quel que soit la situation politique…
La situation de
vie durant cette guerre mondiale s’était profondément dégradée, que ce soit
pour se nourrir ou se vêtir, sans compter les rumeurs alarmantes qui
circulaient. Ma mère qui comme beaucoup de femmes avait peur pour moi et
cherchait un moyen sûr pour me mettre à l’abri… Elle me répétait souvent « neddîk
l’el Kef », « je vais t’emmener au Kef » … C’était la
région où habitait une partie de sa famille, son frère, du côté des monts de
Tablat ; plus exactement les hautes prairies entre Tablat et le Titeri… La
famille avait vu ses terres en Mitidja séquestrées par l’armée coloniale à coup
de fusils et de canons au 19 -ème siècle ; elle s’était repliée sur la
montagne… Un jour ma mère me fit évacuer hors d’Alger par la route de
Larbaâ ! Un souvenir de rêve !..
Je découvrais
là-bas un oncle que j’appelais respectueusement « khali » qui
avait les cheveux roux et les yeux verts ! A partir de leur maison
familiale, il y avait un chemin escarpé qui montait vers le mausolée d’un wali
dans l’enceinte duquel il y avait un caroubier énorme par sa hauteur et
son tronc tordu !... Les riches gousses noires de caroube pendaient comme si on
était dans un jardin du Paradis… Dans la
région on ramassait la carroube et on en faisait de la farine ; surtout
pendant ces étés où le blé était insuffisant. On en faisait du couscous noir
comme nos lointains ancêtres ! Des faits qui m’ont marqué !
D’un rocher où
je m’installais je pouvais découvrir du regard les hautes prairies comme on en
voyait dans les films américains… C’est d’ailleurs là-bas que j’ai appris à
monter à cheval sans selle comme les indiens… Il y avait un étang et surtout
d’immenses poiriers (genre peupliers) qu’on appelait Bou’ouida qui
donnaient des poires vertes et un peu dures… Quelle folle joie de grimper dans
ces poiriers pour gouter directement à leurs fruits… Là j’ai passé une année
sans école, un an de grandes vacances et de rêves !
Abderrahmane Djelfaoui
Extraits de mon ouvrage :
© « Mustapha Adane au fil de ses naissances »
Chapitre 1er
[1] Voir « La Casbah d’Alger », livre d’art de l’architecte Paul Guion qui réalisa plus d’une centaine croquis, dessins et peintures de la cité algéroise entre 1938 et 1940, notamment sur la destruction du quartier de la Marine. Edition Publisud 1999. Préface de Cherif Rahmani ; textes de Magali Guion, Georges Marçais, Le Corbusier et un long texte d’accompagnement de Youcef Nacib assisté de Larbi Icheboudène.
[2]
Charles Quint, Empereur d’Allemagne, d’Espagne et de Sicile (1519-1558). Il
prit Tunis en 1535, mais la tentative de prise d’Alger en 1541 avec 36 000
hommes et plusieurs centaines de navires se solda par un échec. (Le soir
d’Algérie, 28/03/2022)
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