mercredi 25 février 2026



 Un printemps en hiver


Ce qui a déclenché le plaisir de réaliser cette série Spring in Winter (un printemps en hiver) c’est une de mes photographies redécouvertes par hasard datant du début de la sinistre COVID 19…



Ce qui me poussait à exécuter ce projet début 2026 était peut-être un peu inconscient mais dans la ferveur ; c’était ce paysan anonyme que j’avais pris avec son chech blanc au milieu d’une nature verdoyante, et qui était certainement perplexe que le béton avance si vite sous un ciel gris…

 

Quelques jours plus tard une balade impromptue sur les terres du même Sahel algérois je prends ma première photographie en noir et blanc…



Puis en bordure d’une petite route communale, une poignée de fleurs et un pneu suffisent à redonner des couleurs vives à mes prises de vue.

A la question que je posais : « roue du temps social et roue de la nature sont-ils encore compatibles pour combien de temps ?.., la photo répond d’elle-même… 



Ainsi était lancé mon « printemps en hiver » d’autant plus qu’après des jours et des jours de pluie froide (et même d’importantes chutes de neige en montagne, dans la steppe et même dans le désert), la nature décidait d’ouvrir grand les rideaux de lumière douce qui révélait la texture des fleurs et la mousse des écorces…



Février solaire, la balade se poursuit sur les collines qui moutonnent….


… Panoramas riches de nouvelles ondes bienfaisantes d’autant qu’ailleurs dans le monde c’est encore la guerre et d’autres guerres qui s’annoncent…



Pourtant passer jour après jour à pied ou en voiture près d’un vénérable eucalyptus me laissait rêveur…  Un endroit d’où l’on peut vers le sud la Mitidja jusqu’à sa bordure montagneuse bleutée ; l’Atlas, où une bonne partie de la neige de ses crètes a fondue…



Et vers le nord, voilà les toutes premières feuilles vertes d’un arbre bouturé qui respire les lointains parfums de la Méditerranée…



Et le Ramadan est annoncé étoiles et croissant de lune vus à l’œil nu…





© Abderrahmane Djelfaoui

Février 2026



samedi 14 février 2026

Commémoration 

31 -ème anniversaire de l'assassinat du comédien Azzedine Medjoubi

Théâtre National Algérien



Samedi 14 février 2026: quelle est ma surprise et mon plaisir de retrouver après de très longues années des amis dans le hall d'entrée du Théâtre National Algérien...



Aissa (en béret) discutant avec Brahim Chergui (comédien et metteur en scène)

D'abord Aissa de Boufarik, qui a constitué une importante  bibliothèque privée en bibliothèque publique ouverte aux lycéens, étudiants et tous les citoyens de sa ville. Je pensais cette petite institution qui avait invitée nombre d'auteurs à dédicacer leurs ouvrages avait disparue… Que non! Elle a tout simplement changée de rue, d'adresse; et Aïssa qui était fonctionnaire de son état et bibliothécaire dévoué en dehors de ses heures de travail est y maintenant actif à plein temps vu qu'il est désormais retraité…
                                        
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Nadjib Stambouli, critique de théâtre et romancier; Brahim Chergui; Omar Fetmouche acteur et dramaturge et moi-même…



L'affiche lumineuse consacrée au 31 -ème anniversaire de la disparition tragique de Azzedine Medjoubi


Et c'est le comédien Abdelhamid Rabia, aujourd'hui à la retraite, qui nous a invité et reçu à cette journée d'hommage consacrée au talentueux homme de scène que fut Azzedine Medjoubi, Allah yerhmou. 

Rabia devenu au fil des tristes années d'inactivité théâtrale la cheville ouvrière des interventions mémorielles des figures emblématiques du théâtre et de l'art musical algérien qu'il a connues depuis le début des années 60 du siècle passé, aujourd'hui disparues…

Rabia à notre gauche, à Fetmouche et moi-même

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Nous montons au 3eme étage de cet édifice qui connu un passé prestigieux. 

Dans la salle bellement illuminé du foyer, après une minute de silence, vont se dérouler durant près de deux heures durant diverses interventions, denses, riches, pleines d'émotion et neuves chacune par son contenu et sa perspective sur la vie et le travail théâtral de Azzedine Medjoubi...







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Puis c'est la descente au hall central d'entrée du théâtre pour une visite guidée, par l'inénarrable et infatigable Rabia, d'une exposition de panneaux chronologique des pièces jouées par le grand comédien disparu. 
Affiches , portraits, photographies de scènes, extraits de presse…



Brahim Behloul, ancien directeur du Ballet National qui témoigna également de ses relations de travail avec peut être le comédien le plus connu et le plus aimé du spectacle algérien.


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Buste de Azzedine Medjoubi sur la placette ombragée du square Port Said qui fait face au Théâtre National Algérien.

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Ce soir même, j'informais en direct de cette manifestation via messenger  le vieil ami El Hachemi Nordine (metteur en scène, dramaturge et traducteur) en exil à Berlin… 

Il m'écouta longuement , puis tint, malgré sa maladie, à me parler plusieurs minutes durant avec un haut  respect de ce comédien d'exception qu'il avait dirigé en tant que metteur en scène  à plusieurs reprises à la fin du siècle dernier tant au TNA qu'à la télévision. Il termina en disant le plaisir partagé qu'ils avaient de travailler ensemble …



Abderrahmane Djelfaoui