samedi 14 mars 2026

 



DOUERA, 

un conte cinématographique interprété 

par une pléiade d’artistes ; 

un souvenir d’eau pure !

 

C’était il y a pourtant plus de 40 ans…

Était-ce « avant » ou « après nous »  ?.... Mon sentiment est que c’était avant toutes les décennies noires d’ici et d’ailleurs…


Au centre, M’hamed Benguettaf (1939-2014) dans le rôle du roi lion

Avec son bâton de monarque de la foret. A sa droite, en chemise blanche Ahmed Messad, le directeur photo et à gauche : Nordine El Hachemi l’auteur et réalisateur de « Douéra »

 

Un évènement unique dans la cinématographie algérienne avec de grands comédiens du théâtre qui interprétaient des rôles cinématographiques avec les costumes et masques bariolés d’un conte lointain ! Leurs noms ? Sonia. Azzedine Medjoubi. Sirat Boumedienne. Himour. Arslane. Bouzida Abdellah, Aida toute jeune, et bien d’autres encore …

C’était notre premier grand drame musical chorégraphié, filmé, chanté et diffusé à l’antenne au milieu des années 80 du siècle dernier pour la curiosité et le plaisir des enfants, de tous les enfants mais aussi pour les plus grands.


Nordine el Hachemi dirigeant Sirat Boumédiene (1947-1995) dans le rôle du renard…

Sirat l’acteur de fétiche de Abdelkader Alloula

(El Algue, El Khobza, Hammam Rabbi, Ledjouad…)


Le coq avec sa crète rouge interprété par Azzedine Medjoubi (1945-1995)

Et devant lui, en blanche colombe Sonia Makiou (1953-2018).

Autour d’eux, des abeilles, la tortue, l’escargot, etc.

Maquette du costume de la Colombe (Sonia) 

conçu et dessiné par Liliane El Hachemi, scénographe (1942 – 2002)


Sonia – La Colombe


Bouzida Abdellah (1943- 2012) dans le rôle du porc-épic



Liliane El Hachemi, avec M’hamed Benbguettaf durant le tournage. C’est elle qui conçu l’ensemble du décor du film (une foret) sur un espace de 600 mètres carrés dans une salle de sport de Tixéraine. C’est également elle qui conçu et dessina tous les costumes et masques du film, aidée par un atelier de couturières de la RTA).

 

Liliane était une professionnelle douée et consciencieuse qui était issue de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts Appliqués de Berlin où elle avait fait ses études de 1963 à 1968.

 

Le grand journaliste et critique de théâtre Kamel Bendimered rapporte ce qu’elle lui affirme :

« J’aime travailler avec des gens compétents et surtout passionnés, c’est stimulant pour avancer et débusquer des chemins nouveaux. D’ailleurs, peut-on concevoir une aventure sans une implication totale de ceux qui s’y trouvent engagés ? »


Les équipes de couture et de décoration du film « Douéra » que Liliane a constitué en rassemblant elle-même une couturière de Belcourt, des jeunes des Beaux arts, etc.

 

 

La musique originale du film est signée de Mohamed Réda Guechoud. C’est également lui qui assura la répétition des chants puis l’enregistrement à l’auditorium de la RTA avec le concours d’une dizaine de musiciens ou chaque instrument jouait son dialogue enregistré sur un magnétophone multipiste…  

Mohamed Réda se souvient : "à l'époque où Nordine était en salle de montage du film, moi je n'étais pas à Alger mais en tournée avec mon groupe musical. Il m'a appelé à plusieurs reprises par téléphone en me questionnant sur tel ou tel détail de la musique. On réglait ça normalement tous les deux par téléphone en restant chacun à l'autre bout du fil"... 


Mohamed Guecdhoud au saxophone et son épouse Aida debout à gauche.

Au centre Khellil Guechioud (hautbois) et à ses cotés à la flute Boualem Hamani.

Ce n’est pas une photo du film, mais un cliché de la même époque, époque de Rasd ou Maya durant laquelle, me dit Mohamed Réda, « la production à la RTA ne lésinait pas sur l’argent et les moyens… »

 

 

Une époque où la RTA comptait une quarantaine de réalisateurs. Liliane réalisait entre autres une année avant Douéra, les costumes du film sur le théâtre algérien réalisé par le cinéaste Béga . C’était une époque encore très ambitieuse en matière culturelle et artistique. Heureux ceux qui ont vécu, assisté, contribué à cette époque bouillonnante, créative où les arts et leurs multiples manifestations incarnées par des figures de haut niveau ne cessaient de faire vivre et d’enrichir cette symbolique « Douera » traditionnelle qui a traversé les siècles pour façonner notre pays et le patrimoine de notre peuple.

 

 

 

 

Abderrahmane Djelfaoui

Douéra, ramadan 2026