samedi 9 avril 2016

De Tigditt à Mesra: le drame de Souk Enssa…

…Il a existé à Mostaganem, bien avant ma naissance, un marché que visitaient nos grands parents et  parents dans la vielle cité de Tigditt: « Souk enssa » que d’autres nommaient « Souk el Djem3a » (le souk du vendredi), raconte Mostefa Abderrahmane, comédien ayant côtoyé de prés Ould Abderrahmane Kaki ainsi que son frère Maazouz, devenu photographe  (primé par l’UNESCO) puis humble et talentueux vidéaste de films documentaires sur la mémoire de notre 20ème siècle qui ne cessent de nous interpeller…
Un souk, dit-il où les bonnes femmes venaient tout simplement acheter et vendre, ce qui n’était qu’un prétexte pour communiquer entre elles dans le plaisir, le bonheur et la convivialité.

Ce marché s’était tenu d’abord tous les vendredi à Souika, prés d’une place publique, sur un espace mitoyen du cimetière de Sidi Maazouz el Bahri qui reste lui-même une des légendes de la ville, parce que, dit-on, andalou venu par la mer jusqu’à Moustghanem où il trouva refuge, vécut, mourut et y fut enterré… 

Tigditt s’appelait encore couramment El Qahira il y a quelques décennies pour avoir donné naissance à une belle élite sportive, culturelle, artistique et politique parmi lesquels Azouz Bouadjaj, Ould Abderrahmane Kaki, Mohamed Khadda,  Abdallah Benanteur, Bensaber Djamel, Mustapha Chograni, Abdelkader Benmokadem, Mohamed Chouikh, Allal Bachali, Osmane Fethi, etc, etc.


Ensuite ce souk enssa s’est déplacé de Souika a Dar el Hana, quartier populaire des pauvres d’entre les pauvres (« el guelil i 3aoun el guelil », où le pauvre aide le pauvre). On continua à l’appeler : souk enssa-souk el djem3a. Et toutes les pauvres gens de la ville et des alentours, des douars, des villages (parce que Mostaganem est entouré de dizaines, sinon de centaines de douars), venaient là échanger, commercer, se rencontrer, se dire la bonne parole. Et c’est là que je rencontrais souvent Kaki homme de théâtre et amoureux du cinéma dans la foule de souk enssa… Durant l’année 1990, après le passage de « Fin de partie » à Avignon, adaptée par Ahmed Haroun et que j’avais mis en scène à Mostaganem, je l’ai convaincu sans peine de l’interviewer sur sa pratique théâtrale dans le souk même, où il évoqua Samuel Beckett et le théâtre de l’absurde tout en discutant avec un vendeur ou un autre. Malgré une caméra amateur, on en a tiré un film de 45 minutes comprenant d’ailleurs des extraits filmés de sa pièce « Fin de partie » et qui a beaucoup circulé…



Quatre photogrammes extraits du film où l’on voit Ould Abderrrrahmane Kaki évoluer à l’aise avec les jeunes vendeurs,
un fume-cigarette et une canne en mains…





Et ce souk enssa , comme de très nombreuse autres activités  régulières dans le pays, au nord et au sud, à l’est comme à l’ouest, a été interdit à partir du début des années 90 sous les prétextes de hlal et hram, etc. Situé dans le quartier pauvre et « chaud » de Dar El Hana, la masse des jeunes omnibulés par les slogans extrémistes du FIS firent totalement déserter cet espace.  Les femmes avaient peur de sortir. Les institutions de la ville étaient aux mains du parti islamiste. L’espace fut divisé en lots qui finirent pour la plupart en locaux commerciaux ou en logements de fonction. L’occupation du terrain par les femmes en tant que souk ne fut plus qu’un souvenir pour ceux et celles qui étaient en âge de s’en rappeler. Rappel amer. Souk virtuel…

Mais qu’est-ce venait faire là Kaki avant la « décennie noire »?...

Kaki venait s’y ressourcer, répond Abderrahmane Mostefa. Autrement dit être il voulait être en contact avec les humbles gens qu’il évoque dans ses pièces tout comme Abdelkader Alloula le faisait de son coté dans ses pièces. Il venait là écouter la bonne parole, comme on dit. Il achetait ce faisant un peu de grain d’orge (dchicha), un peu de figues, du raisin… Le théâtre de Kaki est un théâtre où ne rencontre que d’humbles gens. Les gens simples. Ceux qui l’ont inspiré… C’est comme ça qu’un jour téléphonant à Kaki pour savoir où il serait pour le rencontrer, il me dit : Souk enssa. Ce qui supposait que je prenne le bus communal pour m’y rendre, qu’on appelait « le taxi communal ». Kaki y allait  souvent seul. Parfois je l’accompagnais en véhicule, à l’époque où j’avais un véhicule. On se baladait dans ce souk. Un jour j’ai dit à un ami caméraman : prends une caméra, n’importe, et suis-moi dans ce souk. C’était merveilleux ! Le travail d’une journée.

Kaki était très connu pour avoir monté « En attendant Godot » à Mostaganem avec sa troupe El Garagouz dans laquelle j’avais moi-même joué alors que j’étais comédien sous la direction de son frère Maazouz Ould Abderrahmane qui est décédé au Canada il y a trois ans... Kaki avait également monté plus tard « Fin de partie »… Je suis donc allé le chercher chez lui, à la rue 34 où il habitait à Tigditt et nous sommes allés à pied au souk. Et je l’ai fait parler, oubliant tous deux la caméra…



Au souk, alors qu’on y voit des centaines de pauvres gens de Tigditt et des alentours vendre ou faire leurs petits achats, personne n’a fait attention à nous ni à la petite caméra. Kaki était à l’aise. Il était parmi les siens ; c’était la grande mise en scène. Il était né dans un quartier populaire et il y était resté profondément attaché aussi bien à ses gens qu’a ses traditions ; à sa halka…. Un jour il m’avait dit : « J’ai fais pas mal de capitales dans ma vie ; j’ai traversé pas mal de pays mais Mostaganem c’est mon port d’attache »…
Autre chose, avant même que ce souk enssa de Tigditt ne se déplace ailleurs en ville puis par la suite au village de Mesra, il y avait aux alentours toute une effervescence culturelle. Il y avait la célèbre école Jeanmaire, la toute première école « indigène » de Tigditt…  
Il faut à ce propos rappeler qu’au moment où l’OAS terrorisait la ville de Mostaganem, les trois quarts des algériens abandonnant leurs habitations dans la ville européenne ou alentours  ont basculé vers la Casbah de Tigditt. Je me rappelle qu’on vivait là  à plus de trente par maison ! Les gens ont été sauvés et adoptés par Tigditt !  Malgré le terrorisme, la placette de la vieille ville regorgeait de cafés populaires ; de troubadours ; d’orchestres châabi….On croisait des hommes de théâtre, des dockers, des pécheurs, des animateurs du mouvement scout, toutes sortes de personnalités, etc.  Tigditt et la zaouia Alaouia donnaient une seconde vie à Mostaganem.
Il y avait juste à coté un cinéma mythique, le Cinélux, cinéma de quartier où on avait vu pratiquement tous les films, ceux de Charlie Chaplin (qu’on appelait Charlot), les péplums en cinémascope, les films de guerre, tous les westerns sans lesquels on ne pouvait pas respirer… Le Cinélux  organisait même des séances spéciales pour les femmes… Kaki qui y allait très souvent m’avait dit dans une interview que je lui avais faite lors  d’un déplacement avec lui à Oran en 1987: « … si j’ai fais du théâtre, c’est que je ne pouvais pas faire de films. Le cinéma était couteux et demandait trop de moyens… Et je me suis inspiré de beaucoup de films de John Huston, notamment  La Sierra Madre avec Humphrey Bogart pour lancer ma première pièce Cabane…»


Ould Abderrahmane Kaki photographié en argentique par Abderrahmane Mostefa en en 1983 au square Boudjemaa, 
au centre ville de Mostaganem


Et pour en revenir à cette matinée passée avec lui dans le souk, j’avais trouvé l’idée de le faire parler de Samuel Beckett dans le souk ! C’était magistral. Il parlait de toute son expérience du théâtre de l’absurde à Mostaganem dans les années 56-58 autour de la pièce « En attendant Godot »… Il en parlait là en ce début des années 90 tout en faisant ses courses… Il parlait de Beckett, puis un laps de temps il demande à un jeune vendeur : cette veste tu l’as vend combien ?... L’autre donne un prix. Kaki de s’exclamer en rigolant: tu me prends pour un américain !...  Puis il reprend passionnément son discours interrompu sur Samuel Beckett, passe aux poètes troubadour et au Chi3r El Melhoun qu’il connaissait bien, tout en ignorant totalement la caméra.
Et cette ballade dans le souk enssa nous a ramené sur son lieu de prédilection qui est Gas3a Sidi M’Hamed El Mejdoub qui est aussi un autre « gardien » de Mostaganem parmi les cinq marabouts mythiques qui protègent la ville de cataclysmes, d’invasions et autres catastrophes…
Après cela nous sommes descendus au bord de la mer, presque les pieds dans l’eau,  où il me raconte l’histoire extraordinaire de El Djoher ; un personnage que l’on ne voit pas sur scène dans la pièce « Koul ouahed ou hekmou » (Chacun sa justice) montée au TNA et qui avait fait de nombreuses tournées… C’est l’histoire de El Djoher, fille d’un pauvre citadin qui, endetté, voulu donner sa fille en mariage à un personnage âgé mais qui a de l’argent. La jeune fille acceptera-t-elle…

[ Courte vidéo à voir :

C’est une parabole extraordinaire que le théâtre de Kaki a fait joué avec des moyens minimes, sans décor ; une scène nue, celle d’un théâtre pauvre,

Pour en revenir au souk enssa, ce souk a malheureusement disparu par le fait de la bêtise des autorités Fis de l’époque. Et, du coup, nous enfants de Mostaganem, notre souk a disparu… Cette disparition implique-t-elle la disparition de la mémoire de Kaki elle-même ? Je ne le souhaite pas. Je ne le pense pas, mais… Je le répète, pour Kaki c’était une sorte d’obligation qu’il aille en visite à ce souk tous les vendredi matins. C’est pour ça que son appellation balançait entre souk enssa-souk el djem3a… Il me disait : « Je ne peux pas m’en empêcher »….
On a perdu Kaki. On a perdu Maazouz son frère. On a perdu le souk des femmes de Tigditt , et voilà l’état dans lequel nous sommes, presque un état d’orphelins aujourd’hui …

Mesra : les femmes elles mêmes m’invitent à photographier

Ceci dit, j’apprends il y a une dizaine d’années l’existence d’un nouveau souk enssa à Mesra, une localité à prés de 12 kilomètres au sud-est de Mostaganem.

Mais  bien avant de rencontrer ces femmes dont je n’avais jamais entendu parler, j’allais déjà au souk des hommes qui se tenait chaque vendredi à Mesra. Un souk archi connu et pratiqué non seulement par les gens de la localité mais aussi par des gens venant de toute l’oranie, des hauts plateaux de Sougheur dans la région de Tiaret et même de plus loin. Un souk à l’intérieur des terres où l’on vend et on achète autant du poisson et du bétail que des voitures… J’y allais un vendredi sur trois et offrais les semaines d’après les photos à ceux dont j’avais fait le portrait. Parfois je ne les retrouvais plus. On me disait que telle personne avait disparue. Morte…Je me débrouillais pour transmettre la photo à la famille…
J’avais même réalisé un documentaire de 26 minutes « Ferjet El Meddah » (le spectacle du barde) sur des meddah qui, depuis Mehdia, des hauts plateaux du Sersou ou de Rahouniya venaient là de la fin des moissons jusqu’à l’automne avec un petit répis durant le ramadhan… J’ai tourné une séquence mémorable, sous l’orage ! C’était l’époque où Israël avait attaqué Gaza avec des bombes au phosphore. Les meddah se suivaient pour chanter la Palestine sous l’orage devant un public inébranlable et attentif à chaque mot, à chaque image…
Et un jour, en pleine période terroriste, entre 95 et 98, j’apprends que des femmes de ce même village de Mesra avaient leur propre souk qui se tenait dans un cimetière ancien de Sidi Ben Dhiba….


Vue générale du Souk enssa de Mesra photographié en argentique par Mostefa Abderrahmane


Là, j’avoue, ça m’a été difficile de travailler au début. Je marchais et marchais dans cet espace d’une centaine ou deux cent femmes que je ne connaissais pas. Je tournais, sans savoir comment m’y prendre… Une femme en haik m’avait remarqué. Une vendeuse parmi tant d’autres. Me voyant avec mon matériel elle me demanda si je voulais prendre des photos… Et elle devint mon guide en m’introduisant auprès des autres, moi qui craignais d’être rejeté. Elles m’ont accepté… Elles achetaient et vendaient de tout : des poules, des étoffes, des parfums, de la laine, des bracelets, des savonnettes, de l’encens, des œufs, de la semoule ; tout ce qui concerne le ménage. Des femmes merveilleuses, dont je compris vite que le principal objectif était de se rencontrer, d’échanger, de communiquer, de s’écouter et se raconter plus que de vendre… Depuis, j’y allais presque tous les jeudis matins très tôt jusque vers midi, heure où elles se dispersaient…


Femmes du pays en discussion conviviale entre elles photographiées par Abderrahmane Mostefa

Un jour j’ai invité mon ami peintre Hachemi Ameur à venir avec moi réaliser au crayon une série de croquis sur la résistance de ces femmes courage, de ces femmes humbles, de ces femmes vivantes et généreuses du peu qu’elles possédaient avant que la condamnation de hram (l’illicite !), condamnation sans appel ne vienne mettre fin à cette riche tradition populaire ; elles qui pourtant avaient des décennies durant résisté pacifiquement du mieux qu’elles pouvaient… Un vrai malheur que la société à laisser faire sans réagir…Le malheur du couperet des interdits, encore une fois…
Qu’en reste-t-il ? Plus riens, sinon le témoignage de mes photos et les croquis de Hachemi Ameur. Et mes photos étaient peu nombreuses, parce que en argentique ; je n’avais pas alors les moyens de travailler avec un appareil numérique.

Souk enssa de Mesra vu par le plasticien Hachemi Ameur


Que dire en fin de compte de tout cela des années après ?...

J’aurais souhaité que ce patrimoine vivant, ces lieux de rencontre et de réelle civilité conviviale continuent d’exister. J’aurais aimé voir les nouvelles générations s’y frayer un chemin, regarder, écouter, demander, comprendre et en transmettre un peu comme l’avons fait nous-mêmes. Alors pourquoi un tel gâchis, une telle cruauté ? Pour moi ces souk enssa représentent une perte terrible, une perte tragique et irréparable. A la place de riches rapports sociaux on a coulé du béton ! Les villes ont perdues leur âme ; défigurées. Et la dégringolade ou la descente dans l’abyme de la médiocrité et de l’absurde a commencé longtemps avant, avec la disparition des cinémas, des représentations théâtrales, des ciné clubs et tant d’autres activités nécessaires à la vie. Et je n’apprends rien à personne en disant que cet état de fait est loin d’être spécifique à Mostaganem et à sa région. Il concerne tout le pays, tout son territoire, toutes ses mentalités…

Evidemment, les grands souks d’hommes ont repris ces dernières années. De la cote méditerranéenne à la montagne, de la mer à la plaine, ce sont des dizaines de souks qui ont repris vie et où on peut voir à l’occasion de moussem un grand nombre de troubadours, de meddah déclamer leurs récits, leurs qacidate aussi bien dans le genre comique, le genre dramatique ou le genre religieux. Mais les souk enssa ont eux disparus. 




Seule la mémoire…. Photos Abderrahmane Mostefa


Propos recueillis à Mostaganem par Abderrahmane Djelfaoui

jeudi 7 avril 2016

Vautier s’invite au Festival du film court de Mosta

9 minutes ! C’est certainement le passage le plus court d’une personnalité du cinéma durant les cinq jours du Festival du documentaire et film court qui s’est tenu à la Maison de la culture Ould Abderrahmane Kaki du 27 au 31 mars derniers…

René Vautier, juillet 2009 à Alger




9 minutes où « Mr RENE VAUTIER brosse son portrait de cinéaste militant anticolonialiste. Il revient notamment sur sa participation et ses tournages en Algérie pendant la guerre de libération nationale, où il a été blessé par un tir de soldat français sur sa caméra et dont il a gardé un fragment dans le crane », dit le synopsis distribué lors de la projection…

9 minutes denses où,  avant de résumer sa riche et inégalable carrière, celui que certains ont vite et respectueusement nommé « le père du cinéma algérien » pour avoir filmé dans les maquis, dit de lui même: « René Vautier vient  d’apprendre qu’il a un cancer qu’on ne plus soigner. Les toubibs ont renoncé à s’occuper de lui en lui disant : tu as quelques mois pour régler tes affaires alors règle les »…
Emotion dense que celles de ces quelques minutes qui rendent hommage au cinéaste disparu en janvier 2015 (le film est bouclé en mars 2015), un cinéaste humble et passionné qui de son adolescence de résistant au nazisme jusqu’à la fin de sa vie n’a cessé d’œuvrer pour les causes de libération des peuples du joug colonial français.
Cette fraternelle et pathétique surprise nous a été offerte par le cinéaste documentariste Hadj Fitas qui avait rencontré René Vautier lors du Festival Panafricain d'Alger il y a 7 ans , Festival dont Vautier était l'invité d'honneur aux cotés d’autres cinéaste du monde tel l’américain Dany Glovéro…

Festival panafricain –Hadj Fitas et Dany Glovéro


Heureuse et simple rencontre entre hommes d’images….
Hadj Fitas a fait depuis les années 70 un long parcours de journaliste, de reporter radio et surtout de producteur et réalisateur indépendant de documentaires. Il avait notamment réalisé en 2004 un film de 13 minutes  « Cinéma et histoire », où il faisait un parallèle entre la guerre du Vietnam et celle d’Algérie en interrogeant l’historien Benjamin Stora, les cinéastes Yves Boisset, Mohamed Chouikh et Mohamed  Bensalaha ainsi que l’essayiste Malek Chebel…
Pour ce coup, Fitas a trouvé durant le Festival Panafricain d’Alger de juillet 2009, en accord avec René Vautier, la formule juste pour un témoignage fort : poser sa caméra à hauteur du réalisateur breton, le cadrer en gros plan et le laisser faire son autoportrait…



Pour la performance il faut être bien entendu René Vautier. Et René Vautier explique avec calme et un sourire souverainement pacifique qu’il se consacre désormais à Brest, région où il était né en 1928, à classer pour la cinémathèque l’ensemble de ses films qu’il a fait aux quatre coins du monde… Il a du d’abord les chercher, ses films et, comme il dit « en recoller les morceaux » suite à toutes les atteintes terribles que n’a cessé de lui assener la censure (et les condamnations des tribunaux) au cours des soixante ans de sa longue et extraordinaire carrière. Une trentaine de films dont les plus célèbres sont sans doute  « Algérie en flammes » (1958) et « Avoir 20 ans dans les Aurés » (1972), mais nous n’oublierons pas pour notre part de rappeler ici « Les trois cousins », une fiction tragique sur la vie de trois cousins algériens à la recherche d’un travail en France dont un des rôles saillants était interprété par le regretté Mohamed Zinet, chef d’orchestre de l’inoubliable « Tahya ya didou » projeté sur l’écran du cinéma l’Algéria de la rue Didouche Mourad en 1971 en présence de Mohamed Salah Mentouri premier maire d’Alger…

Puisse ce court film être largement distribué par les moyens modernes que nous connaissons afin que la majorité des Algériennes et des Algériens puissent le voir ; car, comme le souligne Vautier lui-même dans ce film : « L’histoire moderne s’écrit en images »… 
Souhaitons également longue vie et santé à tous les festivals ici et là dans le pays qui permettent de faire réellement connaitre le patrimoine culturel, le faire vivre, le préserver, le transmettre.


Abderrahmane Djelfaoui



Hadj Mohamed Fitas / Bio express:

- Etudes de sociologie à l'université d'Oran
-Journaliste au quotidien "La République" d'Oran (1974/75)
-Formation de réalisteur à l'Institut National de l'Audiovisuel de Bry sur Marne/ Paris (1976-77)
-Reporter radio à "Radio France", et à "Radio France Internationale" (1977-78)
-Réalisateur au Centre audiovisuel de la Zone Industrielle d'Arzew de SONATRACH (1980-90)
-Producteur et Réalisateur indépendant, depuis la création de "VIDEO PRO" en 1990 et sa filiale "VP FILMS". Cette filiale a réalisé des documentaires pour le compte de la Télévision Algérienne, et les chaines France 2, France 3, TV5 et Radio Canada






mardi 22 mars 2016

Une poésie à tous tons et à tous temps

Dans nos métropoles devenues surpeuplées, bruyantes, avares de bon sens et d’humanité, nous survivons avec la morsure inquiète que le climat n’est plus ce qu’il était. Que le temps de la vie déraille au point d’en perdre la boussole, perdre le rythme nourricier de ses saisons et peser sur nous tous telle une menace…
Et pourtant ! D’une nuit pas tout à fait noire à son lendemain frissonnant de nuages  la poésie chaque printemps est au rendez-vous, même si elle donne l’impression d’être inattendue. Une poésie fragile certes mais plurielle, comme les feuilles des arbres et des fleurs qu’on ne peut pas compter sur les seuls doigts des deux mains. Cette poésie neuve et lumineuse dont nous nous doutons bien du bout de la langue qu’elle ne durera que ce que dure un tour de chant, un tour de danse, un amour ou sa brûlante passion…
Mais qu’à cela ne tienne ! Ce sera à refaire, reprendre et renouveler d’une autre façon… 

Ainsi saviez-vous qu’à Alger, ce 19 mars des Victoires, dans une grande salle aux plafonds hauts avec une trouée lumineuse vers le ciel, un grand rassemblement inédit de poètes s’était déroulé sans autre service d’ordre que des micros baladeurs ?.. Que de la convivialité aérée qui embaumai la salle émanait le féérique sentiment d’être « ailleurs » tout en étant bel et bien ici et pour une fois tout à fait à l’aise ?..

LE CAFE DES POETES


Incroyable, mais ils et elles sont venu(e)s de Belcourt, de Hydra, de Ain Naadja, des collines du Sahel algérois, de Blida, de Tizi Ouzou, de Ain Sefra et exceptionnellement même d’Italie pour être à un rendez vous animé par Narriman Zehor Sadouni de la Chaine 3… Chacun est venu selon ses moyens, en voiture, en taxi, en train, à pied… L’information sur tous supports et principalement les réseaux sociaux avait été menée des jours et des jours durant pour aboutir à ce souk bienheureux de poètes, de chanteurs, slameurs, musiciens, écrivains, éditeurs, plasticiens, enseignants, journalistes, animateurs de jour ou de la nuit… Un rendez vous prévu pour deux heures (ce qui est un honorable challenge) mais qui s’est agréablement étiré au-delà de trois bonnes heures…

Générations poétiques : voix multiples et continues 


Trois heures qui auront à peine suffit pour évoquer et (re)gouter des vers de poètes disparus, poètes de toujours : les Mohamed Dib, Jean Sénac, Anna Gréki, Si Mohan u Mhand, Bachir Hadj Ali, Tahar Djaout, Youcef Sebti, Ahmed Azeggah, Djamel Amrani, Assia Djebar… Poètes déclamés par les voix multiples et croisées de Leila Boukli, Rachida Moncef, Samira Chouadria, Narriman Zhor Sadouni, Djamel Senhadri, Saliha Imekraz, Lazhari Labter, Abderrahmane Djelfaoui…  Et à défaut de pouvoir les « faire intervenir » tous, des dizaines de noms et photos noir et blanc défilaient sur l’écran du Café des Poètes, une salle devenue un havre d’étonnements et de bonne humeur en cette fin d’hiver. Un généreux retour de la poésie qui donnait à cette rencontre festive une tendresse de jasmin et une rumeur de vagues fortes et d’embruns venus du fond des horizons pour nous accompagner, nous vivifier…

Rachida Moncef et Samira Chouadria lisant Mohamed Dib à deux voix…

Saliha Imekraz déclamant Assia Djebar

D’ailleurs de ce lointain horizon, Nourredine Tidafi (pour ne citer que cet illustre devancier) n’écrivait-il pas déjà durant les années de guerre :

« Je viens de l’olivier humilié, entré dans sa revanche 
Je viens d’Aïn-Naga l’insoupçonnée, de Palestro 
Je viens de tes fruits renversés, de tes colères éblouissantes bourdonnant sur ses malheurs virils...
O Algérie, fille de toutes les syllabes rebelles!
[…] Je viens de Berrouaghia, de Nemours, de Lambèse 


[…] Algérie, Algérie toute gorgée d’angoisses 
[…] Je viens de Cherchell par la porte terrifiée 
Je viens de Tizi Ouzou la Haute, présente comme un reproche
Je viens de Tlemcen avancée sur ses mains affamées 
Je viens du Silence du sud, des douleurs citadines… 
 Je viens des Aurès lyriques, de l’honneur réalisé ! ».

Un Tidafi que l’on retrouvera longuement cité par Jean Sénac dans « Le Soleil Sous les Armes (Eléments d’une Poésie de la Résistance 1Algérienne) », Subervie, 1957…

Le poète et éditeur Lazhari Labter
déclamant le célèbre poème « Serment » de Bachir Hadj Ali

Et comme en écho Bachir Hadj Ali le jeune, Bachir Hadj Ali le vieux, Bachir Hadj Ali le sage nous chantonne quelques vingt ans plus tard une courte portée sur une page de « Mémoire clairière »:

« Ici le feu s’allume
Ici l’eau vagabonde
Ici l’air se raréfie
Ici la vérité se terre
Pour veiller sur la vie »….

Le poète gênois Claudio Pozzani,  
également romancier et musicien de rock,
lors de sa déclamation au Café des poètes.


Djoher Amhis

Ali El Hadj Tahar qui présenta son anthologie de la poésie algérienne (2008) lisant ses propres poèmes


Et alors que nous naviguions poétiquement et musicalement (avec un guitariste, les chanteurs Tagrawla et Aziz Alem, des musiques célèbres des génériques d’émissions telle celle de Djamel Amrani empruntée à Eric Satie), j’apprenais qu’en une autre métropole du grand pays, le public averti d’Oran réservait une écoute chaleureuse et enthousiaste au récital d’ une de nos belles poétésses, Zineb Laouedj qui y déclamait en algérien, en fousha et en français sa poésie en hommage, entre autres, à Abdelkader Alloula…Théâtre et poésie, un autre croisement de destins et de pratiques vives de l’art bien de chez nous… Ce qui me rappelle à cette occasion la voix de M’Hamed Djellid, compagnon de Alloula, qui écrivait dans son recueil « Plaies » (SNED 1970) :

« Rire… Rire… Rire d’espérance !
Tu nous donnes de l’endurance
Et tu calmes nos souffrances
Immenses… immenses »…

Peut être ailleurs aussi en d’autre villes, d’autres évocations d’autres voix valeureuses de notre patrimoine et du patrimoine poétique universel s’élevaient-elles ici et là pour amplifier l’onde d’endurance de ce jour pathétique où l’histoire somma l’arrêt victorieux d’une guerre. Certainement….

JEUNES VOIX  DE MAINTENANT : FORETS D’AVENIR

Beaucoup de poètes donc à cette rencontre, mais aussi beaucoup de poètes qui n’avaient pu y être. Parmi les jeunes espoirs présents, femmes et hommes, c’est d’abord la multiplicité des tons, celle des différences et des multiples niveaux de créativité qui poussent à l’écoute et à l’étonnement. A applaudir même. Bien entendu, tout comme chez leurs ainés, tout n’est pas parfait dans leurs travaux et est même loin de l’être. Mais là n’est pas l’essentiel. L’essentiel est dans la tendance générale à une expression libérée des platitudes… Avec du nerf, du punch, de l’inédit, des croisements de pratiques diverses, quelles que soient les langues : derja, tamazight, arabe classique, ou français…

"Rabbi Y Khellik"...

La moitié des trois bonnes heures ont à peine suffi à entendre des poétesses et des poètes de moins de 30 ans, (excusez-moi de n’avoir pas noté leurs noms, mais on en reparlera très certainement bientôt), jeunes patients d’impatience fraîche et piaffante comme les vents tournants du printemps. Des jeunes lancés sans complexe dans la bataille des symboles, l’ivresse du rythme, l’utopie, le rire, le défi, la provoc, la gentillesse, l’amour…Certains en petit groupe ont relevé le défi (pas évident du tout) d’interpréter des morceaux de poésie de Jean Sénac mort en 1973 avant même le mariage de leurs parents!

Poétesse « descendue «  de Tizi Ouzou sur Alger
et repartie avant même la clôture
pour ne pas rater son transport

Jeune poète déjà illustre
puisque lauréat d’un concours international de slam
où son talent et son humour lui ont permis de remporter le premier prix



Etudiant en médecine en rupture de banc.
Un passionné fou de poésie et d’art thérapie
amené à faire la fac buissonnière pour chanter Alger.
Il défie le public du Café des poètes qu’il sera Prix Nobel de littérature en 2050….

Parole donnée...


... élévée et amplifiée...


D’autres encore, bien sur, dont ce petit article n’est qu’un coup de cœur, un remerciement à la fraicheur de la jeunesse, sa franchise et son franc parlé.
Dire quand même avant de se quitter que cette rencontre du Café des poètes, enregistrée sur 3 heures, sera diffusée intégralement sur les ondes de la chaine 3 le vendredi 25 mars à 15h. «  C'est une première, s’exclame l’animatrice Narriman Zehor Sadouni. La poésie reconquiert son territoire »…


Abderrahmane Djelfaoui, textes et photos

voir: @AbderrahmaneDjelfaouiMaPMoesie 





jeudi 17 mars 2016

La préhistoire ? Un travail de maintenant pour maintenant !

« Une expo sur la préhistoire ?! Mais vraiment à quoi bon ?... Déjà que l’histoire, elle-même !…. » s’exclameraient bien gens sans trop réfléchir …


Pourtant qui peut oublier l’exposition des restes de Lucy « la mère de l’humanité » à l’occasion du Panaf? Jamais peut être un musée d’Alger n’avait connut une telle influence ; si vieux et tranquille dans ses jardins silencieux le musée était soudain devenu une ruche sinon une place publique recherchée… N’y est-on d’ailleurs pas venu d’autres villes et localités ? Et beaucoup de jeunes avec leurs parents, tel un raz de marée, heureux,  dont la majorité (une masse qui n’a cessé de gonfler depuis 2009), ne jurant que par les activités de face book, de jeux, de films, de sms et autres communications de copier-coller in live. Les médias, tous supports confondus, ne s’étaient-ils pas alors emparé du filon de la nuit des temps : une jeune femme de plus de 3 millions d’années nommée Lucy ? A croire qu’il y a bien un lien (positif) entre la préhistoire et le numérique !..



D’abord un scoop d’histoire sur la préhistoire…

Tabelbala, vous connaissez? Moi non plus avant que des préhistoriennes préparant cette exposition ne m’en parlent. « Tabelbala est un site au sud de Beni Abbès dans la région de Béchar. On y a découvert une technologie de fabrication d’outils extraordinaire », dit posément Faiza Riache, chercheur en préhistoire, commissaire de l’exposition et conservatrice du patrimoine culturel au Musée National du Bardo. Son enseignante de préhistoire, chercheur et contributrice à l’UNESCO, madame Aumassip, précise : « Extraordinaire, parce qu’on y a inventé différentes manières d’obtenir des éclats »…
Qui n’existaient pas avant, je demande…
« Si on les a inventé, c’est que cela n’existait nulle part ailleurs…. Et cela il y a un million, un million deux cent mille ans, à peu prés…» Une époque où la région de Tabelbala avait certainement des lacs et des savanes où évoluaient des hippopotames, des zèbres, des crocodiles et autres immenses oiseaux disparus depuis… Une région de chez nous où des inventeurs anonymes ont vécu et participé à transformer l’histoire de l’humanité il y a plus d’un million d’années, juste le temps pour la lumière de sortir de notre galaxie, une des plus humbles de l’univers. De quoi rêver…

Façade d’entrée du Musée (photographie Abderrahmane Djelfaoui)


Nouvelles recherches et pluridisciplinarité

Pour revenir à l’exposition et avoir un aperçu sur la manière dont a été conçue « L’Algérie dans la préhistoire »), sa laborieuse préparation depuis une année et les objectifs attendus, nous nous sommes adressés à un autre membre du staff du Musée, madame Boudjebbour Samia, archéologue et conservatrice en chef.
« Cette exposition procède d’une nouvelle vision de la préhistoire vu que les recherches des cinquante dernières années ont amenés beaucoup de changements. Par exemple à coté des sites anciens, comme celui Ain El Hnach, découvert en 1949, il y a des sites de fouilles nouveaux qui ont apportés des informations nouvelles et ont permis de préciser beaucoup de connaissances sur la préhistoire en Algérie, au Maghreb et en Afrique du nord. Cette exposition est donc née grâce aux chercheurs qui ont bien voulu remettre au Musée leurs conclusions de fouilles, leurs résultats d’études et d’analyses, leurs photographies inédites, leurs films et leurs relevés. Cela s’est fait avec la collaboration des professeurs de l’Institut d’archéologie et les chercheurs qui sont en activité. » 

Panneau mural sur les fouilles effectuées à Errayeh, prés de Sidi Ali, Mostaganem
par l’équipe du docteur  Derradji Abdelkader


« Même si la préhistoire a été l’objet d’expositions régulières dans notre musée durant les dernières décennies, poursuit madame Boudjebbour, on doit dire que la différence avec celle d’aujourd’hui c’est qu’elle est sortie de la présentation de la préhistoire seulement à travers les outils.  Avant, la présence du fabricant d’outils n’existait presque pas ou n’était pas palpable. Aujourd’hui, à des centaines de milliers ou millions d’années de distance, nous pouvons découvrir son environnement ; les animaux sauvages qui l’entouraient ; comment il vivait avec ses rituels, son art, ses coutumes, etc. Cela grâce aux nouvelles technologies qui ont permis de meilleures investigations. A l’époque coloniale des Gabriel Camps et Lionel Balou, la recherche en préhistoire ne disposait pas des laboratoires de recherches et d’analyses avec leurs différents matériels microscopiques … On n’avait pas la qualité photographique d’aujourd’hui, ni l’apport d’autres domaines scientifiques comme la géologie, l’informatique  ou ceux des techniques de datation précises actuelles». Et la conservatrice (actuellement en deuxième année de doctorat) d’attirer mon regard vers une vitrine où figure en très gros plan un infime morceau de viande détecté sur la cote fossile d’un hippopotame par le microscope électronique…


De  grandes espérances.

On ne peut ni tout expliquer ni « tout montrer » par les mots. Il faut bien entendu, comme les équipes de chercheurs eux-mêmes qui se donnent la peine et le plaisir d’aller sur le terrain des fouilles que nous, tous publics intéressés, allions voir de prés les innombrables objets soigneusement mis en valeur pour cette grande exposition. Y aller en groupe, en amis, avec nos enfants, ou nos invités côtoyer la ligne de crête d’un passé d’avant le passé…

Il faut savoir que les non voyants, par exemple, trouveront des documents d’explication en braille dans chaque espace et pour les jeunes et moins jeunes des copies de galets, de silex, de poteries ou flèches et autres qu’ils pourront toucher, palper, sentir de leurs propres doigts… D’ailleurs, précise Faiza Riache, Commissaire de l’exposition, « depuis 2012, nous avons prévu en parallèle de faire des ateliers de préhistoire. Et pour cela j’ai moi-même fait une formation avec les enfants… Des ateliers fonctionneront pour donc pour les 6 à 13 ans. On leur montre comment se fait une fouille archéologique. Egalement un atelier de peinture rupestre. Et au-delà de cette exposition, il est prévu un programme tout au long de l’année. Le 1er juin nous espérons organiser un rallye de préhistoire avec plusieurs groupes d’enfants dont chaque groupe représentera un homme de la préhistoire : l’homo sapiens,  l’australopithèque, etc., avec au centre du jeu une énigme à résoudre…Mais pour cela, bien sur, les enfants devront lire attentivement l’exposition… » Une sorte de recherche au trésor… « Exactement ! »

La commissaire d’exposition devant une des vitrines d’exposition du Bardo (Photo Abderrahmane Djelfaoui)


Procession d’il y a 7000 ans peinte sur la paroie de l’abri du taureau à Tin Hanakaten




Pour le plaisir allons donc au Bardo pour (un peu) comprendre comment l’humanité a commencé son aventure qui ne tenait qu’à un fil; (un peu) méditer les conséquences sur nos vies d’aujourd’hui et de demain, et certainement même (beaucoup) sourire de notre smartphone a qui il a arrive parfois de bugger alors que nos ancêtres avaient eux trouvé un moyen sur de nous communiquer en « hors champ » leurs peintures et dessins depuis des distances qui se comptent en millénaires bien avant l’invention même des permières cités et de l’écriture en Mésopotamie (aventure qu’on peut par ailleurs redécouvrir en allant cliquer sur Youtube)…

C’est d’ailleurs à peu de chose prés le vœu de la conservatrice en chef qui nous a fait l’honneur d’une visite inédite. Pour elle, cette exposition qui a demandé tant d’efforts, un temps long  et nécessité les contributions multiformes et neuves de très nombreux chercheurs et spécialistes de la communication, cette expo doit avoir de fructueux prolongements dans la vie active comme il en est déjà dans certains pays voisins…
« Que cette exposition ouvre donc des portes, dit-elle. Que la recherche soit sérieusement aidée à être développée et transmise aux jeunes générations. Cela avec la contribution de différents ministères, pas uniquement celui de la culture. Egalement ceux de l’enseignement supérieur, de l’environnement, du tourisme…et cela dans la perspective d’intégrer harmonieusement différentes branches et activités  pour valoriser notre pays qui a un patrimoine archéologique très riche et régulier dans le temps. Régulier pour seulement dire que depuis les temps de la préhistoire à nos jours cette terre, notre terre, a toujours été habitée, sans rupture depuis Ain El Hnech, depuis deux millions d’années et Tighnennif depuis 700 000 à 900 000 ans... »


Galerie de vitrines et panneau mural sur l’environnement préhistorique d’un des terrains de fouilles qu’est Taza




Abderrahmane Djelfaoui